03/11/2006

Laurent Fabius dénonce la "pensée de marché" de son rival

LE MONDE | 03.11.06 |
"Il partage avec Dominique Strauss-Kahn l'espoir d'un second tour, Laurent Fabius entend bien lui disputer âprement la place de challenger de Ségolène Royal.

"Je serai vraisemblablement deuxième au premier tour" du scrutin pour l'investiture socialiste à l'élection présidentielle, a déclaré l'ancien premier ministre, jeudi 2 novembre, en marge d'une réunion publique à Clamart (Hauts-de-Seine).
Pour se donner les moyens d'atteindre cet objectif, l'ancien premier ministre a changé d'arme et de cible. Regrettant que les débats officiels ne permettent pas aux candidats de s'interpeller, M. Fabius a entrepris de diffuser une sorte de publicité comparative. Et décidé, dans l'immédiat, de concentrer le tir sur "DSK".
"Au stade où nous en sommes, je crois qu'il commence à être possible d'établir des distinctions", a-t-il indiqué jeudi soir, tout en assurant qu'il se garderait de toute "critique personnelle". Certaines de ces "distinctions" apparaissent dans un argumentaire en dix points diffusé jeudi sur le site de campagne de M. Fabius. A Clamart, devant quelque 400 personnes, l'ancien premier ministre a réservé une place de "choix" aux propositions de M. Strauss-Kahn.

MISE EN GARDE

Concernant l'"amélioration du pouvoir d'achat", M. Fabius estime que l'augmentation du smic doit précéder l'organisation d'une conférence salariale, doutant fortement que "le seul fait de faire siéger à la même table les syndicats et le Medef" permette d'aboutir à un accord sur ce point.

Au chapitre de la "refonte des institutions", M. Fabius conclut son plaidoyer pour une "République parlementaire nouvelle" par une mise en garde qui, elle aussi, vise clairement "DSK" : "Si on est pour un régime présidentiel, qu'on le dise !"
Evoquant (en présence du président de la MNEF, Bruno Julliard) "le premier sujet, le premier projet" que constitue "l'éducation nationale laïque", M. Fabius balaie d'un mot la "remise en cause de la carte scolaire" préconisée par Mme Royal - "Au nom de quoi ?" -, pour s'appesantir sur la proposition strauss-kahnienne visant à permettre aux chefs d'établissement de recruter les enseignants. "Ce système existe aux Etats-Unis", note l'ancien premier ministre, précisant qu'il ne fait subsister "aucun statut, aucune disposition nationale".
Reprenant une expression employée par "DSK" lors d'un déplacement aux Etats-Unis, à la mi-septembre, M. Fabius a également indiqué qu'il ne proposait pas, pour sa part, de " dynamiter l'université".

Le "patrimoine de départ" que M. Strauss-Kahn veut accorder aux jeunes ? "Ça a été fait par Tony Blair, c'est sympathique", a ironisé M. Fabius, en décrivant en ces termes le dispositif : "On donne à un jeune 5 000 euros et on lui dit : 'Avec ça, tu te débrouilles'." Cette 'idée de pécule' serait révélatrice : 'Lionel Jospin disait avec justesse : "L'économie de marché existe, je ne suis pas partisan d'une société de marché'. Là, c'est le troisième stade : ce n'est pas l'économie, ni la société, c'est la pensée de marché."

Interrogé lors de l'émission "Question d'info LCP-Le Monde-France Info", jeudi, M. Fabius a mis un seul bémol à son pronostic quant à l'issue du scrutin interne au PS : "S'il s'agit seulement d'un concours médiatico-sondagier, les choses seront plus compliquées", a-t-il reconnu.

technorati tags:
technorati tags:
del.icio.us tags:
technorati tags:
del.icio.us tags:
icerocket tags:

Les commentaires sont fermés.