26/05/2010

Retraites, services publics, pouvoir d'achat : Mobilisons-nous !

ps précarité 01.jpgCe Jeudi 27 mai, doit vivre une grande journée de manifestation interprofessionnelle contre la politique du gouvernement en matière d'emploi, de salaires, de service public, de pouvoir d'achat et de retraites.

Le Parti Socialiste soutient activement cette manifestation et sera donc présent au sein des différents cortèges qui partiront de nombreuses villes de notre Département.

Alors que s’annonce un plan d’austérité sans précédent, les Français doivent dire clairement qu’ils ne veulent pas payer seuls la facture d’une crise dont ils ne sont pas les responsables. C’est une remise en cause massive des services publics et de la protection sociale qui s’annonce, ainsi qu’un coup dur porté au pouvoir d’achat des Français.

La politique du gouvernement ne permettra pas de relancer la croissance, condition indispensable pour réduire les déficits et elle représentera un coup de bambou social sans précédent.

Concernant les retraites, la droite a avoué hier par la voix du Ministre du Travail ce qu’elle cachait depuis déjà plusieurs semaines : la remise en cause de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans et l’allongement de la durée de cotisation. En un mot elle veut faire peser tous les efforts de cette réforme sur les salariés ce qui est inacceptable.

Cette manifestation sera également l’occasion de réaffirmer l’attachement des socialistes aux services publics nationaux et locaux menacés par le gel des crédits aux collectivités locales. Malgré le succès de la votation citoyenne menée l’an dernier, témoin de l’attachement des Français à la Poste, le gouvernement reste sourd à leurs attentes et aspirations.
 
Le Parti socialiste demande qu’une autre politique économique permette de relancer la croissance et de créer des emplois en supprimant notamment les avantages fiscaux.

Demain, les socialistes devront être nombreux aux côtés des manifestants afin de dire haut et fort à ce gouvernement qu’ils refusent sa politique de casse des solidarités et des services publics.

Départ des cortèges :

Rouen 10h Cours Clémenceau
Le Havre 10h Franklin
Dieppe 10h30 Devant la gare
Lillebonne 14h30 Ancienne mairie
Fécamp 14h30 Maison des syndicats

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09/01/2007

A GAUCHE, pour gagner et pour changer

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8 janvier 2007

En ce début d’année, j’adresse à chacune et à chacun tous mes souhaits de bonheur et de réussite. Je formule aussi des vœux de paix pour la planète et de sagesse pour l’humanité : elles en ont tant besoin ! Pour la France, j’espère un grand débat démocratique, une mobilisation citoyenne pour un vrai changement à gauche.

Dans 4 mois, la possibilité de l’alternance : ce sera le grand enjeu politique de 2007 ! Si, comme je le souhaite et le crois possible, la gauche gagne les élections, elle aura devant elle une tâche exaltante mais rude. L’année qui vient de s’achever offre un condensé de ces difficultés.

2006 a notamment été l’année d’une crise sociale profonde, celle du CPE. Peu qualifiés ou diplômés, beaucoup de jeunes risquaient de se voir condamnés à la précarité, interdits de CDI. Il y avait danger. Il fallait agir. Ce fut une mobilisation d’avenir, mais la question de l’emploi des jeunes n’est pas réglée pour autant.

Les désordres institutionnels ont également été notoires, l’affaire Clearstream, le fiasco judiciaire d’Outreau, les incessantes querelles au sein de l’exécutif. La vérité est que nos institutions sont fourbues. Le temps d’une République nouvelle est venu.

Les crises internationales n’ont pas manqué non plus, avec l’échec dramatique de G. W. Bush en Irak, les provocations d’Ahmadinejad en Iran, la guerre du Liban et le scandale permanent du Darfour. Là aussi, il y a un besoin vital d’équilibre, de paix, d’Europe, de France.

Pour autant, des prises de conscience utiles ont progressé. Le documentaire d’Al Gore sur le dérèglement climatique a provoqué un choc salutaire. Les impasses du capitalisme financier dans les domaines énergétique, environnemental, culturel ou social ont été spectaculaires. Une prise de conscience s’est opérée concernant le besoin de frontières européennes claires, l’urgence d’une relance fondée sur une réforme de la Banque centrale, l’adoption de règles fiscales et sociales communes pour lutter contre les délocalisations. Ces demandes, qui furent celles des partisans du Non de gauche en 2005, sont aujourd’hui reprises, du moins en paroles, par presque tous les candidats à l’élection présidentielle. Reste à convaincre nos partenaires que l’approche française n’est pas étroitement nationale, mais d’intérêt général pour l’Europe. Ce ne sera pas facile, mais ni la politique, ni la construction européenne n’ont jamais été choses faciles.

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16/11/2006

16 NOVEMBRE : LE JOUR DE LA GAUCHE !

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Pour voter, si vous n'avez pas toutes les informations, appelez votre fédération :
Seine-maritime : 02 32 81 62 00

Nous ne sommes pas dans l'Hérault, notre fédération répond à vos questions (heures, lieux de vote, modalités de vote etc...)

SARKOZY VOTE SEGOLENE !

Primaire au PS : pourquoi Nicolas Sarkozy affiche sa préférence pour Ségolène Royal

LEMONDE.FR | 15.11.06 | 11h48

"Si c'est Ségolène Royal, c'est tout bénéfice", a jugé Nicolas Sarkozy, lundi, en marge de son déplacement en Algérie. "Elle me protège depuis plusieurs mois, car le phénomène 'tout sauf Ségolène' empêche le phénomène 'tout sauf Sarkozy'", a poursuivi le président de l'UMP, en forme de confidence, devant quelques journalistes français à la résidence de l'ambassadeur de France à Alger.

Le suite c'est dans : Le Monde

Résultats, analyses et réactions... : édition spéciale jeudi à partir de 23h sur LCI et en direct sur LCI.fr.

Avant le premier tour jeudi des primaires PS, les trois candidats terminent ce mercredi soir leur campagne en régions. Ségolène Royal est en meeting à Nantes, Dominique Strauss-Kahn à Montpellier et Laurent Fabius au Petit-Quevilly, dans son fief de Seine-Maritime. Avant de s'y rendre, ce dernier a affirmé sur I-Télévsion que la gauche "jouait son destin" jeudi. Il affirme être "le seul" à pouvoir "rassembler la gauche et battre Sarkozy".

Et pour cause, selon lui : "Sarkozy a encore dit hier ou avant-hier qu'il redoutait de m'avoir en face de lui", en allusion à des propos du président de l'UMP devant quelques journalistes français durant son séjour à Alger. Devant plusieurs centaines de militants au Petit-Quevilly, Laurent Fabius a continué sur ce crédo : il a appelé les adhérents "à ne pas faire ce qu'attend Sarkozy", c'est-à-dire voter pour Ségolène Royal.

Le gymnase Henri Wallon de Petit-Quevilly, à deux pas du bureau où Laurent Fabius est installé depuis trente ans, était surchauffé. Les militants sont venus conforter leur choix.
"A partir du moment où j'ai suivi tous les débats, je viens ce soir écouter mon candidat. Mon choix, il y a maintenant plusieurs fois qu'il est fait, c'est Laurent Fabius", expliquait Marie-Françoise de la section de Bois-Guillaume. "Ce que j'aime avec Laurent Fabius, c'est qu'il défend des idées de gauche, moi je me reconnais dans cette politique", confiait Hélène, une étudiante.
"Laurent président", scandait militants et sympathisants lorsque celui que l'on appelle tendrement "le chef" est entré dans une salle surexcitée sur l'air d"'Il est temps à nouveau" de Jean-Louis Aubert.
Plusieurs jeunes adolescents de Grand-Quevilly sont venus le voir. Ces jeunes issus de cité croient en ses promesses. "Vous savez nous, on est Français", insistent Mohamed, 14 ans, et Abdel Kader, 16 ans. "On a une carte d'identité et Laurent Fabius c'est le seul qui nous soutient. Lui, on y croit, il va barrer la route à Sarko."
D'entrée, Laurent Fabius est survitaminé.
Il pousse sa voix avec confiance, devant un public tout acquis à sa cause. "Si tout se passe comme nous le souhaitons d'ici peu de mois, le titulaire de la présidence de la République aura changé. Et j'espère bien, comme vous, que c'est celui qui vous parle qui sera appelé à le remplacer!"
Et de tacler ses compétiteurs, à l'issue de "cette campagne interne que certains trouvent un peu longue et que pour ma part je trouve un peu courte, qui a juste pour objet de nous mettre et de me mettre en jambe pour affronter la vraie campagne".
C'est en grand gagnant que le député PS de Seine-Maritime s'est inscrit mercredi soir. En un peu plus d'une heure, il a retracé ses divergences et ses points forts, revenant sur les débats, dont il pense être sorti renforcé.
"Plus c'est compliqué, plus il est dopé. Il est infernal, vraiment c'est quelque chose, je ne l'avais jamais vu comme cela. C'est avec ses tripes qu'il parle", analysait Jean-Paul.
Le candidat des 35 heures, du pouvoir d'achat, du SMIC réévalué et de la laïcité a fini de convaincre ses militants dans son propre fief. Et c'est en candidat de gauche que Laurent Fabius s'est décrit. "Le seul candidat capable de rassembler la gauche, c'est celui qui vous parle ce soir. Oui, je rassemblerai la gauche et nous vaincrons", a conclu Laurent Fabius, plus que jamais dopé par le premier tour des primaires. AP

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12/11/2006

PAROLE DE MILITANT : Jean-Claude LOIE, Canteleu

Votre BLOG 76 de soutien à Laurent Fabius diffuse une série de paroles de militants...

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09/11/2006

PAROLE DE MILITANT : Frédéric SAUDRAIS, Rouen

Votre BLOG 76 de soutien à Laurent Fabius diffuse une série de paroles de militants...



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08/11/2006

Laurent Fabius est dans l’œil du cyclone

Quand Laurent Fabius rend visite à ses camarades ariégeois, c’est en voisin, en toute simplicité, sans garde du corps, ni service d’ordre.
Samedi soir c’est à l’invitation de Guy Destrem, vice-président du Conseil Général de l’Ariège, «un ami de trente ans», que le candidat à l’investiture du parti socialiste s’est rendu à Serres-sur-Arget en Ariège.

Au premier rang de cette assemblée de plus de quatre cents personnes, Jeanne Authié, Françoise Imbert, député de Haute-Garonne, Martin Malvy, président du Conseil Régional Midi-Pyrénées Frédérique Massat, vice-présidente du Conseil Régional, Augustin Bonrepaux, président du Conseil Général de l’Ariège, Henri Nayrou, député de l’Ariège, Emile Franco et Pierres Casteras, conseillers régionaux, Philippe Martin, président du Conseil Général du Gers, René Massat, Raymond Coumes, André Montané, conseillers généraux de l’Ariège, Paul Quilès, Gérard Bapt et bien d’autres.

Après les interventions de Guy Destrem et du Président Malvy, Laurent Fabius a défendu les thèmes du «projet socialiste», un projet élaboré collectivement qui sert de trame à sa campagne à l’investiture du PS.

Confiant dans sa capacité à remporter la primaire socialiste en vue de l’élection présidentielle, le candidat Fabius est totalement décomplexé il ne se laisse pas impressionner «par la mousse médiatique ni par le bruit des sondages» que le placent 3ème dans la course à l’investiture.

Car en préambule les objectifs sont clairement affichés, il s’agit bien d’un candidat en pré-campagne aux élections présidentielles incarnant le rassemblement à gauche:
«c’est une leçon que j’ai tiré de mon long compagnonnage avec François Mitterrand et Lionel Jospin» /…/ «On parle souvent de l’œil du cyclone, c’est le seul endroit où il ne se passe rien et bien c’est là que je me positionne alors que mes deux autre camarades à l’investiture s’agitent dans le cyclone. Je parcours les départements jours après jours et j’ai l’impression que les choses sont en train de changer».

Conscient que la réussite viendra dans sa capacité à rassembler la gauche et les socialistes, il se dit être «le candidat le mieux placé pour défendre les idées de gauche…et quoiqu’on en dise, la gauche ça ne comprend pas l’UDF !»

Il évoque non sans humour les sondages: «On nous a dit c’est plié et que le pli n’est pas en ma faveur, que les français on déjà fait leur choix et que nous allons assister à une finale connue d’avance. Mais j’ai souvenir de ces même sondages qui prévoyaient en 2002 une finale Jospin / Chirac ou en 1980 qui tenaient Michel Rocard pour président de la République!
Le débat a commencé au sein du parti et le citoyen de gauche fait preuve d’une vrai conscience civique selon la définition du philosophe ariégeois Pierre Bayle»

Les sondages peuvent certes avoir un impact sur les militants mais une fois le responsable désigné avec 50% des voix de l’opinion publique, sera-t-il capable d’étendre ce capital au reste des militants, c’est la question que pose Laurent Fabius:
«Quand François Mitterrand a été désigné face à Michel Rocard, il pesait dans les sondages moins de 20% et le jour où il a été désigné, il a pris 30 points dans l’opinion publique»

Enfin Laurent Fabius a demandé aux militants de choisir en toute liberté: «la seule chose nécessaire c’est de faire votre choix en fonction de ce que vous pensez et de ce que vous voulez pour le pays»

Laurent Fabius a d’abord souhaité évoquer sa conception de la République, il s’agit pour lui d’une République sociale avec des mesures en faveur des salaires et des pensions: une augmentation de 8% du Smic mais également des retraites, financée par l’Etat et les entreprises (remise en cause de certains aménagements fiscaux pour les grandes entreprises et allègement des charges pour les petites et moyennes entreprises).

«On a besoin d’entreprises qui marchent et d’augmenter le pouvoir d’achat»Laurent Fabius a dénoncé le projet de conférence salariale des autres compétiteurs: «si l’on se contente de réunir les syndicats et le Medef autour d’une table, c’est l’histoire de France raconté aux bisounours ! Il faut que le gouvernement donne l’impulsion»

Mais la République c’est également l’école: encadrement scolaire organisé, suivi scolaire individuel, plus de ressources à l’enseignement supérieur et davantage de reconnaissance aux enseignants.

Il s’oppose résolument à la suppression de la carte scolaire qui d’après lui accentue les ségrégations ou encore le recrutement des enseignants par les chefs d’établissements…
«Ce n’est pas ma conception de la République»

Par contre la laïcité demeure pour lui le troisième pilier de la République: «Toutes les guerres sont des guerres de religion, nous avons la chance d’être un pays laïque/…/ je m’engage à ce que l’on ne touche pas un seul cheveux à la laïcité»
Laurent Fabius souhaite inclure dans sa réforme de la constitution, s’il est élu, une charte de la laïcité.

Quant aux services publics, «ils sont essentiels aux départements ruraux comme l’Ariège (poste, chemin de fer, école..)» Il a été décidé qu’à partir du 1er juillet 2007, les tarifs de l’énergie seraient libres et qu’il n’y aurait plus aucun monopole pour les particuliers. Idem pour l’affranchissement du courrier.
«si je suis investi et élu, la France s’y opposera. Il faut savoir dire non aux directives européennes quand elles ne vont pas dans le bon sens»

Laurent Fabius précise qu’il a toujours été un européen convaincu et qu’il le demeure mais «actuellement il y a une telle dérive vers le libéralisme, il faut modifier les textes vis-à-vis de la politique économique : il faut remettre l’Europe sur les rails de la renégociation de la constitution, bâtir un traité social et une véritable harmonisation sociale notamment s’agissant de l’impôt sur les sociétés»

Le candidat à l’investiture a également clarifié ses positions en matière de décentralisation: «Il faut une décentralisation mais les ressources doivent aller avec et le rôle des élus confortés /…/ la France n’est pas seulement l’addition de régions, c’est l’Etat qui doit assumer les initiatives, l’Etat doit être fort et respecté»

Mais le candidat Fabius met en avant sa vision des choses: «la République c’est un rapport entre les élus et les citoyens, le projet socialiste prévoit que les institutions soient modifiées, il faut une véritable république parlementaire»

La démocratie participative très en vogue au cœur des débats des autres compétiteurs, «ne doit pas être un gadget, il existe depuis longtemps les associations ou les syndicats qui doivent être plus respectés dans les entreprises»

Enfin en matière d’agriculture, Laurent Fabius est favorable à un développement rural qui privilégie la qualité des produits, sans pénaliser la diversification et il souhaite rétablir, en les allégeant, les contrats territoriaux d’exploitations.

Quant à l’écologie: «la présidence qui arrive doit être sous le signe de l’écologie et le développement durable sera une exigence prioritaire dans tous les domaines de l’action publique. Ainsi le n° 2 du gouvernement sera chargé, en tant que ministre d’Etat du développement durable. C’est un enjeu important dont il faut prendre également la mesure au niveau européen. Le gouvernement doit se doter d’un budget conséquent, réorganiser la fiscalité en ce sens, aider les particuliers (prêt à taux zéro), biocarburants…»

Une position résolument à gauche et des thèmes fédérateurs comme la laïcité, la mixité, la république sociale pour un candidat qui a tiré les leçons du passé et qui compte réaliser le rassemblement à gauche… dernier grand débat public pour les trois candidats à l’investiture, jeudi 9 novembre à Toulouse Labège.
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2006

06/11/2006

Laurent Fabius : "Mon combat, c'est pour une gauche d'alternance, à la fois de résistance et de changement"

"L'orientation que j'incarne est la bonne": dans un entretien accordé à l'Associated Press, le candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle Laurent Fabius dit sa "confiance" à deux semaines du premier tour du vote des militants. Face au "blairisme des années 1990" et à la "social-démocratie classique" portés selon lui par Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, il défend sa vision "moderne" d'un "socialisme des années 2000" et son "combat" pour une "gauche d'alternance, à la fois de résistance et de changement".

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Croyez-vous pouvoir vous imposer au second tour de la primaire du PS et battre Ségolène Royal, dont certains jugent qu'elle marque le pas? Quel est votre poids au PS et pesez-vous plus lourd que Dominique Strauss-Kahn que d'aucuns présentent comme le "deuxième homme" ?
La logique d'un vote démocratique, c'est un scrutin à deux tours. Les 16 et 23 novembre prochains, les militants diront ce qu'ils souhaitent, pour les socialistes et pour la France. J'ai confiance. Parce que je suis soutenu par une base solide et mobilisée au sein du parti. Parce que ma candidature prolonge les choix que j'ai portés depuis 2002 pour la laïcité et le rassemblement de la gauche, contre l'opposition molle et la dérive libérale de l'Europe et qui garantissent le rassemblement des forces de gauche.
Les débats ont commencé à faire bouger les lignes. De nombreux militants se retrouvent dans ces combats, ainsi que dans ma vision du socialisme et du Parti socialiste. Non qu'ils se découvrent subitement "fabiusiens"! Je ne le leur demande d'ailleurs pas. Mais sur le fondement d'une analyse politique, ils considèrent que l'orientation que j'incarne est la bonne. Cette ligne, c'est celle d'une gauche décomplexée.

A vous entendre, Ségolène Royal serait un clone de Tony Blair, DSK le nouveau Gerhard Schröder et vous-même l'héritier de François Mitterrand autour d'une ligne de "gauche décomplexée". Qu'est-ce qui vous différencie fondamentalement, selon vous, de vos deux camarades ?
Je n'ai pas attendu 2006 pour me réclamer de la démarche de François Mitterrand. Celui-ci était porteur de deux exigences: le rassemblement de la gauche et le vrai changement. Je m'inscris dans cette filiation. Mes deux camarades possèdent des talents certains mais ils se réclament davantage l'une du blairisme avec régionalisme, l'autre de la social-démocratie classique. Ces choix sont respectables, mais ils ne correspondent ni à notre projet, qui est socialiste, ni au monde d'aujourd'hui, qui est dévoré par le marché et la recherche du profit maximum à court terme.
Par exemple, quand des fonds de pension à l'autre bout du monde exigent d'une entreprise et de ses salariés un retour sur investissement de 12% alors que le carnet de commandes n'augmente pas au-delà de 3%, il faut autre chose qu'un slogan ou un compromis bienveillant pour inverser la tendance. Il faut une volonté politique et une résistance de la puissance publique.
Quand je dis: "augmentation du Smic de 100 euros", on me répond: "les partenaires sociaux en décideront". Quand je défends l'école publique et laïque, on me rétorque "autonomie de recrutement par les chefs d'établissement" -autrement dit fin du statut national des enseignants- ou "dynamitage des universités" -donc privatisation. Quand je dis Etat fort et efficace face au marché, on me dit "le contrat plutôt que la loi" ou bien "la région y pourvoira". Quand je dis "République parlementaire nouvelle", on m'oppose des "jurys de surveillance des élus" ou le "régime présidentiel".
Ma différence, c'est de défendre et d'enrichir notre projet. Ma conviction, c'est que l'on ne pourra l'emporter qu'en rassemblant la gauche. Mon combat, c'est pour une gauche d'alternance, à la fois de résistance et de changement. Le débat maîtrisé que nous avons entre nous commence à lever le voile sur des zones d'ombres. La lumière qui perce au sein du PS est un atout pour mes idées.

Vos deux compétiteurs disent incarner le renouveau. D'autres jugent votre discours "archaïque". Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d'être l'homme du "passé" ?
Les mêmes qui me reprochent d'être dans le paysage depuis longtemps expliquent à présent qu'ils jouaient un rôle clef aux côtés de François Mitterrand dès 1981. Avoir de l'expérience et en tirer toutes les leçons, c'est utile. Parce que j'ai beaucoup réfléchi à ce que nous ont dit nos électeurs le 21 avril 2002, je ne me suis pas trouvé en porte-à-faux avec eux le 29 mai 2005 lors du référendum européen.
Penser, comme c'est mon cas, que nous avons face à nous des défis nouveaux qui appellent des réponses nouvelles, mais sans renier nos fondamentaux de gauche, c'est être non pas archaïque mais moderne. La crise écologique, la mondialisation financière, le capitalisme actionnarial, l'Europe à 27: ce sont autant de réalités que la social-démocratie n'avait pas prévues. Le blairisme des années 1990 ne permet pas de les affronter. Moi, je suis pour un socialisme des années 2000. Nos propositions ne sont pas archaïques, elles sont volontaristes. Notre projet présente à la fois des mesures immédiates pour répondre à l'urgence sociale et des engagements de long terme pour construire l'avenir.
Ce que je trouve archaïque, c'est d'expliquer que l'avenir, ce serait toujours moins de protection sociale, des salaires qui stagnent, des services publics qui régressent, un Etat qui s'efface, une laïcité qui recule, une Europe qui s'élargit indéfiniment sans harmonisation fiscale et sociale. Cela, c'est le XIXe siècle ou le XXe, pas le XXIe siècle!

Vous n'avez guère ménagé Ségolène Royal. Si elle était investie par les militants le 16 ou le 23 novembre, craignez-vous qu'elle n'ait pas le "cuir" assez "dur", comme dit DSK, pour affronter le candidat de l'UMP et qu'elle s'essouffle en pleine campagne présidentielle ?
Je me refuse à ce genre de commentaires. Ce qui m'importe, c'est la volonté et la ligne politique. La volonté suppose de ne pas dire une chose, puis son contraire le lendemain pour essayer de revenir dans les clous. Quant à la ligne politique souhaitable, à mes yeux elle est claire: pour affronter la droite, le PS doit être solidement ancré à gauche. Qui peut sérieusement penser que l'on triomphera de Nicolas Sarkozy en lui empruntant ses thèmes?

Vous vous voulez "le" candidat du projet du PS, que vous promettez d'appliquer. Il a parfois été jugé un peu terne et manquant de souffle. Comment comptez-vous lui donner des couleurs un peu plus personnelles ?
Ce projet, avec d'autres, je l'ai inspiré et j'ai contribué à sa rédaction. J'y retrouve donc des idées auxquelles je tiens, comme la revalorisation du pouvoir d'achat, l'amélioration des conditions de logement ou la République parlementaire nouvelle. Aucun de ces trois thèmes ne me paraît terne! Ma démarche est de l'enrichir. C'est le sens des sept engagements que j'ai rendus publics dès la fin du mois d'août et que vous trouverez sur mon site Internet (http://www.laurent-fabius.net).
Quatre exemples.
1) Notre projet propose de porter le Smic à 1.500 euros avant la fin de la législature. Je m'engage à l'augmenter de 100 euros dès l'été 2007. 2) En matière de logement, notre projet veut renforcer la mixité sociale. Je propose par conséquent de donner au préfet un pouvoir de substitution aux maires dans les communes anti-mixité sociale en général dirigées par des équipes de droite. 3) Notre projet insiste sur l'écologie: je propose que le ministre en charge de l'écologie soit le numéro deux du prochain gouvernement et qu'une loi-programme écologique fixe sur cinq ans nos objectifs chiffrés dans ce domaine. 4) Enfin, en matière institutionnelle, notre projet souhaite une profonde réforme des institutions. Je m'engage à consulter le peuple dès septembre 2007 par référendum pour mettre en oeuvre cette République parlementaire nouvelle.

Le projet du PS, dont vous vous faites le champion, coûterait selon les estimations du parti 49 milliards d'euros sur cinq ans. Vous l'avez vous-même enrichi en proposant par exemple de faire couvrir par la "Sécu" la dépendance des personnes âgées et handicapées. Le PS a admis qu'il faudrait revenir sur les baisses d'impôt votées par la droite et vous avez reconnu que les Français devraient faire des efforts. Lesquels?
Nous avons pris soin de chiffrer nos propositions et de préciser comment nous les financerons. Contrairement à la droite et dans la fidélité à la démarche que nous avions engagée avec Lionel Jospin, nous souhaitons maîtriser notre niveau d'endettement lors du prochain quinquennat. L'apport de la croissance sera évidemment décisif. Il faudra aussi revenir sur les baisses d'impôts injustes de la droite: ce sera l'objet du collectif budgétaire de l'été 2007. Je propose, en outre, de dégager des marges de manoeuvre en revenant sur les allégements de charges largement inutiles actuellement accordés aux plus grandes entreprises.

Sans baisser la garde, il faudra remettre à plat nos dépenses militaires et européaniser davantage nos équipements. S'agissant des efforts, je pense que les grandes entreprises bénéficiaires et les plus hauts revenus devront être sollicités. En tous les cas, pas question de suivre la méthode Chirac-Raffarin-Villepin-Sarkozy: demander tous les sacrifices aux foyers modestes et multiplier les cadeaux pour les plus aisés. Je veux une France forte et solidaire. Forte parce que solidaire. Chacun devra y contribuer.

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03/11/2006

PAROLE DE MILITANT : Vincent Decorde, secrétaire de section

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02/11/2006

PAROLE DE MILITANT : Françoise GUILLOTIN, militante, Maire d'Elbeuf

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